Plate forme de rencontres du groupe lyonnais "Les lecteurs à haute voix". Elle s'adresse aux personnes qui pratiquent la lecture à haute-voix à titre bénévole.
Bienvenue sur cette plateforme d'échanges
Nous espérons que tu pourras butiner profitablement certains de nos billets et en faire ton miel.
Nos aimerions que tu réagisses, que tu participes aux débats, que tu en ouvres de nouveaux......
Visiteur, tu es ici chez toi....tu as tant de choses à partager, à nous apprendre : ..nous t'écoutons !
Bruno
Le message le plus consulté
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Vous trouverez ci dessous, le texte qui reprend l'essentiel de l'intervention de Georges Petit lors de notre première rencontre de l...
Informations rapides (cliquer, le texte s'affiche ci-dessous)
vendredi 23 octobre 2009
Umberto Eco et Bruno Racine sur la lecture à haute voix
L'EXPRESS : Par Marianne Payot, publié le 22/10/2009 10:38 - mis à jour le 22/10/2009 15:53
Umberto Eco et Bruno Racine, président de la Bibliothèque nationale de France
…......
Quels sont les autres enjeux majeurs ?
B. R. : En matière d'éducation : la lecture lente. La logique de la lecture - fastidieuse - sur écran est le zapping, l'accès direct et rapide. Cela ouvre des possibilités considérables, au détriment, parfois, de l'appropriation lente d'un texte dans son intégralité. Le livre classique est à cet égard irremplaçable. Cet apprentissage de la lecture pourrait faire contrepoids aux possibilités infinies, mais fragmentaires du numérique.
U. E. : Il faudrait peut-être revenir à la lecture à haute voix. Selon saint Augustin, saint Ambroise a été le premier homme à lire sans bouger les lèvres. Avant le ive siècle, les gens lisaient à haute voix, car il n'y avait pas de ponctuation. L'une des conquêtes de la civilisation de demain sera peut-être de ressusciter la lecture à voix haute.
B. R. : Je suis cent fois d'accord. Et si je puis me permettre un peu de publicité, l'exposition-manifeste d'Alain Fleischer, dans l'ancienne salle de lecture de la Bibliothèque nationale, sera constituée de lectures à haute voix (1). La lecture engage tout le corps, elle engage autrui. Voilà une dimension que l'éducation française, trop abstraite, trop cérébrale, a abandonnée.
U. E. : Il y a une analogie entre l'Italie et la France. Quand j'ai vu en Allemagne, il y a vingt ans, des gens payer 5 marks pour m'entendre lire en italien, je me suis dit : "Ils sont fous." En Italie, il fallait les payer pour venir. Je me souviens encore de ce stupide critique italien - pléonasme - qui disait que les poètes étaient incapables de lire leurs poèmes.
…....
1) Choses lues, choses vues, du 23 octobre 2009 au 31 janvier 2010, à la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu (Paris IIe). LeBruno
mercredi 30 septembre 2009
Divagation : Pourquoi lire à haute voix?
Être ému, quelle chance ! Ce sentiment profond est toujours surprenant lorsqu'il nous envahit, nous transporte ailleurs . Cette ivresse soudaine est la preuve que nous sommes présents au monde, qu'on peut être touché. Chacun a pu expérimenter à quel point il constate ensuite qu'il est mieux préparé à comprendre et à vivre la réalité quotidienne. C'est par le détour du rêve, des impressions que l'on s'immisce au cœur de la réalité, d'où le rôle prééminent des poètes.
Nous nous trouvons impuissants quand nous voulons partager la richesse d'une émotion ressentie : difficulté à la saisir, incapacité de trouver les mot pour la dire, pudeur et bien d'autres raisons. En revanche il nous reste la solution d' offrir une « source d'émotions » jaillissante où chacun trouvera son compte.
Être ému par un même spectacle nous rapproche même si ce que chacun en retient est différent des autres spectateurs : chacun porte ses propres lunettes lorsqu'il contemple le monde. Pourtant il y a partage, connivence.
Le livre tient une place éminente parmi les multiples sources d'émotions : souvenez-vous de la dernière phrase lue qui vous a touché aux larmes. Son puissant pouvoir d'évocation vous a surpris quand vous l'avez relue plusieurs fois. Les images s'enchaînaient et se bousculent en cascades.
Lire à haute voix c'est proposer à notre public d'entrer en résonance avec l'auteur dont on présente un texte. C'est lui faire partager un contenu magique dont l'écrivain nous a fait cadeau. Quand tout se passe bien, l'émotion gagne les auditeurs. Le lecteur à haute voix perçoit ce changement non seulement quand il lève les yeux du textes pour scruter l'expression des visages , mais aussi par de petits signes multiples tels, par exemple que la qualité du silence. Chacun réalise qu'il se passe quelque chose d'extra-ordinaire et savoure l'instant transformé.
Quand on réalise ce qu'à d'exceptionnel cette situation, on ne s'étonne plus que les membres du groupe éprouvent des difficultés à s'exprimer à l'issue de la lecture d'un texte. C'est ainsi qu'à la sortie d'une séance de cinéma, alors que le film nous a touché, nous restons sans voix au moment où la personne qui nous accompagne nous demande ce que l'on en a pensé. Il nous faut un peu de temps pour nous arracher à l'état d'enchantement : on lui en veut d'ailleurs un peu de nous faire redescendre sur terre.
Ces considérations s'appliquent, de mon point de vue, à l'ensemble des activités proposées par notre association : porter des livres ou nous inviter à prendre place sur le tapis volant des conteuses. Nous cherchons tous à faire partager des émotions. Quel bel objectif !
Je vous souhaite de rencontrer bien des sources d'émerveillement en vous rappelant que cela exige d'allouer de l'attention aux petites choses, elles vous le rendront au centuple.
jeudi 7 mai 2009
Deuxième rencontre amicale des lecteurs à haute voix bénévoles
- le lundi 23 novembre
- de 14 h 30 à 16 h 30
- salle de la découverte
- bibliothèque municipale de la Part-Dieu à Lyon
Si vous êtes intéressé à participer à cette rencontre, dans la limite des places disponibles, inscrivez-vous en envoyant un mel à : lectureahautevoix@gmail.com
Vous recevrez une confirmation de votre inscription.
Des informations peuvent vous être fournies à cette même adresse.
lundi 22 décembre 2008
3 citations de Miochel Tournier
De Michel Tournier ("Le vagabond immobile"):
"Le mot latin liber signifie libre, enfant, livre,écorce et vin. Ces cinq significations possèdent à coup sûr une connotation difficile à cerner mais profonde, émouvante et belle"
et encore:
" Enfant. Il est aveugle de naissance et je lui fais la lecture à haute voix. Cependant sa main se pose sur mon bras, ou vient se loger dans la mienne. Parfois, timidement, je l'interroge sur ce qu'évoquent certains mots dans son esprit: lumière, ombre, soleil, verdure, feu. Il me dit: " Je sais ce que c'est que l'obscurité: c'est quand je ne te touche plus." La phrase paraît d'abord échapper à mon attention. Mais peu à peu, me revenant sans trêve ni relâche, elle grandit, grossit, prend des proportions effrayantes. C'est que je me sens de plus en plus indigne de l'entendre."
Belle évocation de ce que peut impliquer la lecture à haute voix.
dimanche 7 décembre 2008
Georges Petit : Que lire aux personnes âgées
Nous le remercions pour son apport très intéressant et opérationnel.
Georges Petit : QUELS TEXTES LIRE AUX PERSONNES AGEES ?
Un choix passionnant et…pas si facile.
Apporte distraction, évasion du quotidien.
Entre en résonance avec les auditeurs
Apporte quelques éléments « positifs » : réconfort, philosophie, humour…
Plait au lecteur.
Ce qui marche bien : (selon moi)
Les textes courts de bons « raconteurs d’histoires » (a)
Les extraits de romans ou de récits sur l’enfance, la vie au « bon vieux
temps… » (b)
Les livres de contes des différentes traditions (c)
A « petite dose » : La poésie (d)
Ce qui marche moins bien et parfois pas du tout :
Les textes trop longs (à moins d’un bon découpage dans la séance ou d’un
montage)
Les textes confus et filandreux, trop longuement descriptifs, trop
« intellectuels », trop complexes…
Comment trouver de bons textes ?
Fouiller dans sa propre bibliothèque
Se servir des listes offertes par l’Association ( blog )
S’inspirer des catalogues, ou rayons, de livres lus enregistrés.
Echanger avec d’autres lecteurs…
Georges Petit : petitgm@wanadoo.fr
PREMIERS ELEMENTS DE « REPERTOIRE »
Exemples
a) Textes courts de bons raconteurs d’histoires :
« Les contes de la bécasse » - Guy de Maupassant – Le livre de Poche
La rempailleuse- Ce cochon de Morin- Les sabots – Pierrot…
« Les lettres de mon moulin »- Alphonse Daudet- Le Livre de Poche
Le secret de Maître Cornille- Les étoiles-Le curé de Cucugnan- La chèvre de Monsieur Seguin.
« Le trésor des Alpilles » Yvan Audouard- Plon
Hold Up à Pertuis- La terrible vengeance d’Euloge de Mouries- Quatre cailloux blancs dans le creux de la main- Un accident incompréhensible.
« L’arbre du mensonge » - Marcel Scipion – Seghers
L’arbre du mensonge- Lou pitchoun- Le déserteur-
« Solitude de la pitié » - Jean Giono – Gallimard
Solitude de la pitié – La main- Jofroi de la Maussan-
b) Ouvrages dont il est facile d’extraire des passages, comme de petites nouvelles.
« La charrette bleue » - René Barjavel- Plon
« La gloire de mon père » -Marcel Pagnol –Bordas
« Le premier homme » - Albert Camus- Folio
« Les promesses de l’aube » -Romain Gary – Folio
« Les petits bonheurs » - Bernard Clavel- Albin Michel
Recueil autobiographique sur la jeunesse de l’auteur.
« La gerbe d’or » - Henri Béraud- Visibilis
Une enfance lyonnaise.
c) Contes des différentes traditions :
« L’arbre d’amour et de sagesse » - Henri Gougaud – Points Seuil
La mère des contes-Les quatre fils- Le coffre- Nurudin le cordelier- Les trois clés-etc.
« Contes des sages juifs, chrétiens et musulmans »- Jean-Jacques Fdida- Seuil
Le chemin du paradis- Le cœur de la mère-Les trois frères et le chamelier-etc.
d) Poésie :
Les anthologies et, par exemple :
« Et toi mon cœur pourquoi bats-tu » - Jean d’Ormesson- Folio.
Vieille chanson du jeune temps (Victor Hugo)- Le temps des cerises (Clément)
vendredi 7 novembre 2008
Les diverses possibilités de lecture à haute voix.
Elle devrait être très utile à ceux qui ont envie de se lancer dans cette activité à titre bénévole sans bien savoir comment s'y prendre.
Nous envisageons de mettre à la disposition des personnes intéressés un tableau public/ modalités.
Dans ce premier billet évoquons
- enfants des écoles, des centres de loisirs, des crèches ou des bibliothèques : lire et faire lire.
- Attention: la charte du lecteur de cette association précise " le lecteur doit être retraité ou âgé d'au moins 50 ans"
- en rédigeant un commentaire
- en nous envoyant un courriel à lectureahautevoix@gmail.com
lundi 3 novembre 2008
Un article intéressant d'une lectrice professionnelle
Bonne lecture
vendredi 31 octobre 2008
Rencontre à Lyon, avec Marius Daniel Popescu
octobre-décembre 2008
Rencontre avec
Marius Daniel Popescu
écrivain (Roumanie)
Modération
Jean-Pierre Longre
Mardi 4 Novembre à 17h30
Université Lyon III
15, Quai Claude Bernard
Salle Vincent (aile nord, premier étage)
Marius Daniel Popescu est né 1963, en Roumanie. Il est établi à Lausanne depuis 1990, où il gagne sa vie en qualité de chauffeur de bus. S’il est avant tout connu pour son oeuvre poétique, Popescu s’est affirmé au cours des dernières années comme un redoutable prosateur. Proche du quotidien par sa poésie, dans une veine rappelant parfois le lyrisme urbain d’un Raymond Carver ou d’un Charles Bukowski, Marius Daniel Popescu a lancé dès 2004 un journal littéraire :
Le Persil. Il écrit aujourd’hui directement en français. Dans La Symphonie du loup (José Corti, 2007), il exhume ses souvenirs d’enfance à une époque où la Roumanie était encore en proie à la dictature et aux brûlures de l’Histoire.
Contact
Benoît Auclerc – benoit.auclerc@univ-lyon3.fr
samedi 18 octobre 2008
Première rencontre de lecteurs à haute voix de l'association lyonnaise Bib'à Dom'
- Lundi 1 décembre de 14 à 16 h 30
- à la Bibliothèque de la Part Dieu
- Salle de la découverte.
Un programme plus précis sera communiqué aux personnes inscrites.
Les personnes intéressées non membres de l'association pourront participer à cette réunion si elles s'inscrivent au préalable (lectureahautevoix@gmail.com ) et dans la limite des places disponibles
Lire à des aveugles : une riche expérience
Comme d'habitude avec ce public, je choisis des textes courts variés séparés par un "interlude" où je lis un poème extrait du bien bel ouvrage de Jean d'Ormesson : "Et toi mon coeur, pourquoi bats-tu". Les textes de Daudet, Magnan, Signol leur ont plu.
Plus étonnant, la richesse des commentaires des deux personnes aveugles, parmi les plus âgées du groupe. Elles semblaient évoluer dans l'espace, assises en tailleur sur le "tapis volant" offert par ces textes. Quelle sensibilité, que d'envie de parler des émotions ressenties. Elles entraînaient le groupe, prenait chacun par la main comme pour une farandole....
Si cela n'était pas assez, au moment de partir, elles sont venues me dire qu'elles allaient, le soir, repenser avec plaisir aux textes entendus, poursuivre leurs rêveries suscitées par plusieurs passages qui les avait touchées.
Quel bonheur pour le lecteur que de provoquer de telles réactions.
Avez-vous eu de telles réactions avec votre auditoire? faites-nous part de vos points de vue.
* je préfère ce terme à l'euphémisme habituel de "non voyantes"
dimanche 5 octobre 2008
Une "conférence" de Guy Goffette à Lyon
Vous pouvez accéder à ce document de 1 heure 24 minutes, en cliquant ici.
Une citation: " Pour mes parents, lire, s'était fainéanter". Un point de vue intéressant à garder présent à l'esprit lors de lectures à des personnes âgées qui peuvent être de cet avis.
jeudi 19 juin 2008
"Astuces pour la lecture publique"
Voir aussi un billet de Monsieur Victor Sépausy (Responsable éditorial) du blog "Actua Litté"
mercredi 11 juin 2008
Des écrivains lisent à haute voix un passage de leur livre
Pour accéder à Lectureà haute voix, cliquer ici.
mercredi 30 avril 2008
Des idées de textes/auteurs pour la lecture à haute voix
Pour accéder au document cliquer ici.
Bonnes lectures.
vendredi 11 avril 2008
Des séances de lecture à thème
vendredi 15 février 2008
Lecture à haute voix et l'association "La Bib'à Dom'"
Vous aimez faire partager des textes à des groupes ou à une seule personne
L'association Bib'àDom' développe une activité de "lecture à haute voix"
Si vous êtes intéréssé(ée), prenez contact avec l'association
- En téléphonant à la permanence au 04 78 62 19 64 (répondeur)
- En venant nous rencontrer dans le hall d'accueil de la Bibliothèque de la part Dieu, le mardi de 15 à 18 h 30
- En nous envoyant un mel à bibadomlyon@yahoo.fr
Plus d'informations sur le blog de l'association : http://bibadomlyon.blogspot.com
dimanche 3 février 2008
Un scanner lecteur à haute voix
Lire sans y voir
BookReader de Plustek est un scanner qui transforme un livre imprimé en livre parlant.
En pratique
Le scanner Plusteq est disponible au prix de 699 euros ttc sur les sites :
http://www.pixmania.com
http://www.plustek-store.com
http://www.monvendeur.com
La lecture, pour les handicapés visuels, est un véritable problème… Le braille est encombrant et n’est pas utilisé par les éditeurs ordinaires. Quant aux bibliothèques sonores, elles ne peuvent pas offrir un choix exhaustif de livres… Aujourd’hui, une véritable révolution est lancée sur le marché avec le BookReader de Plustek, qui transforme un livre imprimé en livre parlant.
Le CIARPET (Centre Inter Académique de Ressources Pédagogiques et Techniques pour la Déficience Visuelle) a choisi ce scanner «lecteur de livres». Le Book Reader de Plusteq est doté d’une application de reconnaissance optique de caractères (OCR ) qui allie un très bon niveau d’identification des textes à une reconnaissance des formats d’impression. Les utilisateurs peuvent ainsi se faire lire par la machine tout type de document imprimé, même complexe.
Le logiciel de lecture à haute voix énonce de manière extrêmement claire les textes numérisés par le scanner. Il suffit de placer le livre ou le document à plat sur le Book Reader, de presser un bouton pour que le résultat numérisé soit lu de manière intelligible par une voix de synthèse particulièrement proche de celle d’un être humain. De plus, le Book Reader utilise la technologie SEE (Shadow Elimination Element) permettant de numériser des livres sans avoir à se soucier du dos broché : les livres sont positionnés parfaitement à plat sur le scanner, pour une numérisation parfaite, sans distorsion du texte.
L'usage de ce matériel nécessite un ordinateur fonctionnant sous Windows. Les documents numérisés sont automatiquement sauvegardés sur le disque dur de l'ordinateur, sous un format texte (texte simple ou Word) ou sonore (WAV ou MP3), ce qui permet ensuite de les écouter et les réécouter à sa convenance.
Le BookReader offre en outre la possibilité de modifier à l'écran la taille des polices de caractères des documents numérisés. Cette fonction permet aux personnes atteintes de déficience visuelle d'accéder plus facilement aux documents écrits. Enfin, ce scanner dispose d'autres spécificités dédiées aux mal voyants, comme l'outil Loupe, ou des fonctions permettant de se faire épeler un mot, de réécouter une phrase, de modifier un texte ou de se faire lire un fichier reçu au format Adobe PDF.
Caroline Lhomm
vendredi 1 février 2008
Un article sur la Lecture à haute voix de Monsieur Jean-Fraçois Hannecart
Tour d'horizon
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BBF 2007 - Paris, t. 52, n° 1, Jean-François Hannecart
La lecture à voix haute
Ancienne pratique ou nouvelle mode ?
Lire à voix haute : pour qui, pourquoi, comment ?
Martine Burgos, sociologue à l’EHESS (École des hautes études en sciences sociales), évoqua brièvement l’historique du renouveau de la lecture à voix haute ces dernières années, soulignant que cette pratique, de plus en plus en vogue, répond à un besoin de partage et de sociabilité. L’émergence des pratiques d’amateurs, dans une perspective de formation professionnelle, correspond à un autre besoin que la lecture pour soi : celui d’une meilleure écoute des œuvres, de l’autre et de soi-même.
Après ce préambule, une première table ronde permit à trois « habitués » de ce genre de performance d’échanger leurs expériences. Pour Bernhard Engel, de la compagnie Les Livreurs, le « lecteur » n’est pas un acteur. À l’inverse du comédien qui devient une image dont on se souviendra, il s’efface devant le texte afin de produire des images dans l’esprit des auditeurs. Son but principal est de mettre en valeur le nom de l’auteur et d’inviter l’auditeur à poursuivre sa découverte de l’œuvre par la lecture silencieuse.
Démarche tout à fait différente de la part du comédien Jacques Bonnafé qui, lucide et sincère, reconnaît qu’il ne se met jamais au service de l’auteur. « Je ne suis pas un passeur, je suis un traître ! » s’exclama-t-il. Pour lui, dire un texte, c’est aller au bout d’une respiration. De Rabelais à Rimbaud, en passant par Montaigne et Bossuet, l’écrivain François Bon évoqua simultanément l’évolution de l’écrit et celle de sa transmission. Si, avec l’évolution technique de l’outil d’écriture, l’espace même de l’écriture est resté la même lucarne, celle-ci est cependant « dé-spatialisée » par l’éclosion des nouvelles technologies. Cette métamorphose implique qu’il faille ancrer l’écrit dans une matière physique : le souffle de la lecture.
Le débat qui suivit permit de conclure que chaque lecture constitue une véritable (re)découverte d’un texte, doublée d’un échange avec un interlocuteur.
La matinée se termina par le premier Apero libro, nouvelle formule inaugurée ce jour par la médiathèque de Roubaix, qui se déroule tous les premiers vendredis de chaque mois, de 18 h à 19 h 30. Chacun est invité à venir lire en public à voix haute, ou simplement écouter lire en toute décontraction, autour d’une petite collation. Pour cette première, les trois intervenants ne manquèrent pas de se plier avec jubilation à cet exercice.
Des publics des lectures à voix haute et de leur réception
En début d’après-midi, Martine Burgos ouvrit la seconde table ronde avec la communication des résultats d’une enquête, commandée par la région Auvergne et réalisée au cours de l’hiver 1998 auprès des publics fréquentant des manifestations comme la Semaine de la poésie, l’Itinérance ou les Lectures sous l’arbre au Chambon-sur-Lignon. À quelques remarques près, bien que datant de huit ans, ce travail fournit un tableau proche de la situation actuelle. Il s’agit d’un public surtout féminin, avec une majorité de personnes actives appartenant à la classe moyenne. Ces lecteurs peu exigeants, tout en se donnant une « bonne conscience de lecteur », désirent s’ouvrir sur le monde et partager des idées. Amateurs de poésie et de théâtre, ils fréquentent régulièrement les bibliothèques et préfèrent la petite librairie du coin à la grande surface. Avant tout découverte, la lecture à voix haute est perçue par eux comme une « représentation de la lecture », d’où l’importance de la présence du livre. Deux mouvements se dessinent : celui, majoritaire, d’une communion qui encourage le retour au texte et l’autre, pour lequel la lecture à voix haute est un moment unique qui se suffit à lui-même.
Laurent Grisel, écrivain, fit part ensuite de sa performance réalisée avec la lecture de l’ouvrage de Peter Weiss, L’esthétique de la Résistance. Jean-Pierre Siméon, poète, prit le relais en essayant d’analyser le succès de la lecture à voix haute. Tout en admettant que certains textes peuvent trouver leur aboutissement dans « l’oralisation », comme la poésie, que beaucoup ne liraient pas, il met en garde contre cette restitution sonore du texte qui, pour le public jeunes, deviendrait l’alibi pour oublier le livre.
Paule Du Bouchet (Gallimard) et Camille Deltombe (Des femmes) expliquèrent les démarches de leurs maisons d’édition respectives par rapport aux textes lus. Si le marché français du texte lu a triplé en cinq ans, il demeure néanmoins dix fois moins important qu’aux États-Unis et en Grande-Bretagne.
L’émergence des pratiques amateurs
Ce fut ensuite au tour des P’tits lus d’entrer en scène. Accompagnés par Delphine Fobert et Gwen-Aëlle Geffroy, Mounir, Massimo et Sarah relatèrent leur expérience et exprimèrent, avec passion et enthousiasme, leurs impressions. Depuis 2001, à l’initiative d’une bibliothécaire et de deux enseignantes, une quinzaine d’adolescents (les plus jeunes sont en 6e et les aînés en terminale) se réunissent le samedi après-midi à la médiathèque pour lire à voix haute et échanger. D’abord encadrés par Les Livreurs au rythme de huit séances sur l’année, les P’tits lus ont vite volé de leurs propres ailes. Après une pratique restée longtemps confidentielle, ils osent maintenant intervenir en public lors d’événements particuliers, comme Lire en fête. Leur spontanéité et leur générosité firent souffler un vent d’émotion et de fraîcheur réconfortante dans la salle.
Ils firent place au témoignage du Liseur et de son Incipit Blog : quand l’écran se met au service de l’écrit. Bibliothécaire de profession, ce jeune homme n’a pas résisté au plaisir de se mettre les textes en bouche et de les partager.
L’après-midi s’est achevée sur une nouvelle perspective : le slam. Julien Delmaire, poète et slameur de la compagnie Générale d’Imaginaire, se lança dans un historique détaillé de cette nouvelle oralité et fit démonstration de son talent en déclamant Freedom, témoignage sur la négritude et appel à la fraternité universelle, au-delà des couleurs de peau.
Tous les participants se retrouvèrent avec bonheur en soirée avec « Plus on est de fous, plus on lit ». Pendant une heure et demie, Jacques Bonnafé et l’équipe des P’tits lus échangèrent textes classiques ou de leur propre création, pour le plus grand plaisir de tous.
| Notice bibliographique : | |
| Hannecart, Jean-François, « La lecture à voix haute : Ancienne pratique ou nouvelle mode ? », BBF, 2007, n° 1, p. 120-121 | |
dimanche 13 janvier 2008
Une rencontre régionale de lecteurs à haute voix bénévoles?
Il s'agirait, dans une ambiance sympathique de favoriser les échanges d'expériences et de pratiques et, le cas échéant, de mettre en place un réseau permanent de partage entre lecteurs bénévoles.
Ce projet, au stade d'esquisse, est pour le moment totalement ouvert. Il pourra prendre la forme souhaitée par les personnes intéressées. En revanche, sa date devrait être suffisamment éloignée pour que cette "journée" soit réussie : fixons nous comme horizon, soit fin juin 2008, soit deuxième quinzaine de septembre.
Quelques options nous paraissent déjà claires:
- Cette rencontre "privée" ne constitue un enjeu financier pour aucun acteur : ce serait bien que la participation soit gratuite (hors frais de restauration)
- Ce sont des "personnes" qui se rencontrent et non des institutions
- Elle est auto-organisée par les participants.
- Le blog rendra compte, au fur et à mesure, de l'évolution du projet.
- Elle pourrait comporter trois temps : une partie en "grand groupe", des échanges thématiques en sous groupes avec restitution de synthèses, une conclusion ouvrant des perspectives.
- etc.
- de donner votre avis sur cette idée
- de participer à cette journée
- d'en parler à des personnes de votre entourage qui pourraient être intéressées
- de donner un point de vue "public" (utiliser la fonction commentaire)
- de contribuer à la concevoir
- de l'organiser
- de faire partie du groupe porteur de ce "projet"